Aujourd’hui, je vais vous présenter le profil d’une conductrice d’autobus scolaire de ma ville.
Mais avant toute chose, je voudrais vous faire part de certaines statistiques au niveau provincial relativement aux conducteurs(trices) de ces gros engins jaunes qui arpentent nos rues et nos routes.
Selon l’ATEQ(Association du Transport Écolier du Québec), au Québec, le transport scolaire existe depuis près de 50 ans et il permet à tous les enfants, sans distinction régionale, d’avoir les mêmes facilités d’accès à l’éducation.
Près de 600 000 enfants prennent place, matin et soir, à bord des autobus scolaires, ce qui représente 60% de la clientèle scolaire.
Plus de 9 500 autobus scolaires parcourent environ 1 million de kilomètres par jour sur les routes du Québec.
Quelque 800 transporteurs emploient près de 10 000 travailleurs, constituant ainsi un actif important dans leur milieu respectif. L’industrie du transport scolaire représente un investissement de plus de 525 millions de dollars répartis dans une foule de PME partout au Québec.
Les régions de Val d’Or , Malartic, Cadillac, Barraute , Senneterre et certaines réserves autochtones comme le Lac Simon et la réserve Kitcisakik du Grand Lac Victoria sont sous la juridiction de la CSOB, soit la Commission Scolaire de l’Or et des Bois et s’étend sur une territoire de 27 000 km2.
Les autobus scolaires parcourent en moyenne 6000 km par jour sur le territoire de la CSOB pour transporter environ 4000 élèves qu’ils soient du niveau préscolaire, primaire ou secondaire.
Profil d’une conductrice d’autobus scolaire
L’aspirant(te) conducteur(trice) doit préalablement obtenir son permis de classe 2 avec les mentions F et M. Pour se munir de cette classe, l’aspirant conducteur doit suivre et réussir une formation de base et d’appoint auprès d’une école reconnu par la SSAQ et en payer les frais.
Certains autobus étant équipé d’un système de freinage pneumatique(mention F) ou muni d’une transmission manuelle(mention M), le candidat doit réussir les examens prévus à cet effet auprès de la SAAQ. Ce candidat doit être titulaire d’un permis d’apprenti-conducteur de classe 2 depuis au moins trois mois avant de pouvoir être conducteur d’un autobus.
Lors de son embauche par une compagnie d’autobus scolaire, le candidat(te) doit détenir également un certificat de compétence de Transport Québec.
Ces explications étant donné, revenons à notre amie Brigitte.
Journée type de travail
Le lever se fait vers 05h45 et Brigitte voit à se préparer pour cette longue journée. Elle doit parcourir 25 km de son domicile pour se rendre chez son employeur Les Autobus Maheux. A 07h00, elle effectue son entrée à la salle à café où se trouve les autres conducteurs et conductrices. On y jase quelques minutes de tout et de rien. Par la suite notre vaillante conductrice se dirige vers son autobus afin d’y effectuer la vérification avant départ. Cette vérification porte sur les composantes mécaniques et internes de l’autobus. Elle doit vérifier les freins de service, frein de stationnement, la colonne de direction, le klaxon, les essuie-glaces, les rétroviseurs, le matériel de secours, l’éclairage et signalisation, les pneus et roues, la suspension ainsi que le cadre du châssis de l’autobus.
07h25 : Le départ du garage se fait pour se rendre à l’endroit où a lieu son premier embarquement soit des élèves du primaire. Elle reconduit les tout petits à leur école. Ensuite, elle se dirige vers son lieu du 2ème embarquement pour y faire monter à bord des élèves de niveaux Secondaire 3, 4 et 5. Ceux-ci sont dirigés vers la Polyvalente Le Carrefour. On repart de plus belle, pour aller cueillir les élèves de niveaux Secondaire 1 et 2 pour les débarquer à l’École Le Transit. Il est presque 09h00. A chaque 2 jours, Brigitte doit se rendre au garage afin de faire le plein de fuel et les préposés refont une inspection complète de l’autobus.
09h15 : Le transport étant terminé, il est temps se rendre au resto afin d’y prendre un bon déjeuner et quelques cafés tout en discutant avec des confrères ou consoeurs de travail. On y discute boulot, cuisine, de l’actualité en général et quelques histoires bien drôles.
11h00 : Chaque conducteur(trice) quitte le resto pour se diriger vers son école respective afin d’aller chercher les enfants du primaire qui vont dîner à leur domicile. La sortie a lieu vers 11h25. Une fois les tout petits rendu à la maison, Brigitte retourne vers le Transit car ces derniers également ont droit à leur gueuleton. Vers 12h25, tous ces enfants refont le trajet vers leur école respective. Vers 13h00, une longue attente se dessine à l’horizon car le transport écolier ne reprend pas avant 15h15. Ne pouvant retourner à son domicile vu la distance, Brigitte rencontre des amies pour un café ou en profite pour faire diverses emplettes.
Vers 15h25, elle reprend du service derrière le volant de son gros bolide jaune pour terminer son travail vers les 17h00.
La durée de son travail pour une semaine est de 27 hres 1/2.
Elle me fait remarquer que la plupart des automobilistes sont respectueux des feux clignotants activés sur l’autobus lors de l’embarquement ou le débarquement des élèves, mais il y en a qui passent droit sans se soucier du danger qu’ils causent en mettant la vie des enfants en péril. Il est indéniable que les élèves qui sont passager de l’autobus ont des règles à suivre qui sont établies par la CSOB. Un élève ne respectant pas un de ces règlements, un rapport écrit est soumis à ce dernier ainsi qu’au transporteur. Le rapport doit être remis au conducteur signé par les parents. Si l’élève récidive, il peut être passible d’une suspension de transport.
Lors de ces 13 années de conduite scolaire, il est arrivé à quelques reprises à Brigitte de subir des menaces de la part d’élèves et de crise de parents à certains arrêts d’autobus.
En plus d’occuper cette fonction, Brigitte est déléguée syndicale pour la soixantaine d’employés(es) des Autobus Maheux. Cette tâche lui prend énormément de son temps mais elle adore cela.
Vie Privée
Brigitte est marié à Daniel, un chic type, depuis 20 ans. De cette union, sont nées 2 enfants, un fils Sébastien, 20 ans, qui étudie présentement à l’Université Laval de Québec, et une fille Audrey, 17 ans, qui termine cette année son Secondaire V. Comme activités, le camping est à l’honneur, la pêche sur glace , la lecture, la cuisine.
Depuis sa tendre enfance, Brigitte a toujours été en contact avec des animaux. Elle possède présentement un chien et me raconte qu’à l’âge de 17 ans elle a même eu une mouffette comme animal de compagnie.
C’est une femme qui mord dans la vie et qui est toujours joyeuse. Elle aime également rire. Son rire est particulier, c’est à dire très audible. A force de l’entendre rire, son entourage se bidonne et la voilà reparti de plus belle. Son mari me raconte que lorsqu’il va dans un grand magasin à rayons et qu’il a perdu sa douce Brigitte, il s’arrête et attend qu’elle parte à rire pour la localiser.
Donc, si jamais vous êtes dans un grand magasin ou un centre d’achat et que vous entendez un grand éclat de rire féminin, retournez vous et cherchez, vous aurez peut-être l’occasion de faire la connaissance de Brigitte.








